Cheval
Logo Alatoorando

Randonnées équestres et voyages en Kirghizie - Asie Centrale

Kirghizie
français | deutsch

Le Pays


Kirghizie...Kirghizstan... Kirghizistan... ou République kirghize ?

Le Kirghizistan, le plus petit des pays d'Asie centrale avec le Tadjikistan, se distingue par son relief, des montagnes dont le plus haut des sommets culmine à 7439 mètres. Cinq fois plus grand que la Suisse, il compte 6 millions d’habitants. Ses frontières côtoient la Chine à l’est, le Kazakhstan au nord, l’Ouzbékistan à l’ouest et le Tadjikistan au sud. Peuplé en majorité de Kirghizes , le pays regroupe plus de 80 nationalités qui se côtoient en relative bonne entente. Héritage de l’Union soviétique où régnait une certaine fraternité entre les peuples ? Les Kirghizes éprouvent pour certains une nostalgie quelque fois troublante à l’égard de ce passé où la vie était plus stable qu’aujourd’hui même si les circonstances n’étaient de loin pas idéales. Le peuple kirghize est fier de son pays, de ses traditions, de son riche passé en tant que peuple, et il aime partager cette fierté avec les nouveaux venus, les visiteurs, …
Malgré quelques événements politiques récents mouvementés, dont une prise de pouvoir de la « maison blanche » par des opposants à l’ancien gouvernement en mars 2005 sur fond d’opposition entre le sud et le nord, le pays peut être considéré comme le plus sûr parmi ses voisins, partiellement épargné par les mouvements islamistes Le pays était jusqu’alors dirigé par Askar Akaevitch Akaiev installé depuis la chute de l’Union soviétique en 1991 et la proclamation d’une république indépendante la même année. L’instauration d’un nouveau gouvernement qui n’a finalement produit aucun changement tant au niveau économique, politique que social. Un système marqué par la corruption qui participe au désintérêt de beaucoupde Kirghizes désabusés par la chose politique. Le nouveau président Bakiev semble écarter tout opposition et n’hésite pas à user des moyens forts…En bref, un pouvoir central fort dont seul le nom de démocratie est bien réel…
Au niveau économique...
Une grande partie des Kirghizes vivent de l’agriculture, bien que seul 7% du territoire soit cultivable (90% du territoire se situe au dessus de 1500 mètres). Le pays compte des ressources minières telles que charbon, or, uranium notamment. Le Kirghizistan ne peut pas compter sur des ressources telles que le gaz et le pétrole comme son voisin kazakh, dont l’économie bénéficie de belles retombées. Les rivières offrent un grand potentiel hydroélectrique.. En résumé, l’économie demeure fragile en comparaison avec ses voisins centre-asiatiques.
Un peu d’histoire...
Les tribus kirghizes, dont les terres de pâturages se trouvaient dans la région du Haut-Ienisseï, en Sibérie, commencèrent à migrer en direction des Tian-Shan dès le Xème siècle. La colonisation de la Sibérie par l’Empire russe provoqua une seconde vague de migration au XVIIème siècle. Au XVIIIème siècle, les Kirghizes étaient encore très peu islamisés,. Ils restaient de vrais nomades, chamanistes et indépendants, et assez indifférents à tous les pouvoirs qui dominèrent les Tian-Shan. Leur sédentarisation ne se fit que sous le pouvoir soviétique. (Asie centrale, Petit futé, 2001). D’autres sources indiquent toutefois que les Kirghizes auraient un passé de sédentaires bien plus ancien que leur tradition nomade…
Pour un Kirghize, l’Histoire, c’est d’abord une généalogie,celle de sa famille. « Qui ignore le nom de ses sept ancêtres est un traître » d’après F. de Rocca, De l’Alaï à l’Amou-Daria, cité par Rémy Dor dans Parlons kirghiz », L’Harmattan, 2004. De tradition orale, l’épopée de Manas, cycle de légendes orales, rassemble le peuple kirghize autour de son histoire commune à travers Manas, son héros. 
Les Kirghizes demeurent des éleveurs et des bergers, dont la vie est rythmée par le quotidien du troupeau : garder les bêtes, les rentrer, faire les traites, transformer le lait. Ils ne pratiquent pas un grand nomadisme, plutôt une transhumance qui ressemble à celle qui se pratique en France. De même que les brebis quittent la Provence pour chercher les pâturages dans les Alpes ou les Pyrénées, les Kirghizes quittent leurs villages ou leurs camps d’hiver pour monter au jailoo. Ensuite, il s’agit de déplacer deux ou trois fois le camp pour en trouver un autre, un peu plus loin ou un peu plus haut. Les lieux de campement sont réguliers et invariables, ce sont les places coutumières de la famille.
Et la vie, la belle vie d’été s’organise… Je crois qu’en fait les plus grandes nomadisations d’été sont celles qui mènent les cavaliers de yourte en yourte. Il n’y a pas besoin de prétexte pour se rendre visite. La porte d’une yourte est toujours ouverte au visiteur, le koumis - lait de jument fermenté, n’attend que lui et l’invitation ne se refuse pas. L’été est la saison des fêtes, des rencontres et des rires.
Extrait du dossier « Kirghizistan Le vent des steppes », Damien Parisse, Trek magazine, no 79, juin 2006.